Accueil > Education et Pédagogie > Interventions au colloque "Le système éducatif calédonien à l’heure du destin (...)

Interventions au colloque "Le système éducatif calédonien à l’heure du destin commun"

Nouméa, Université de Nouvelle-Calédonie, les 6, 7 et 8 novembre 2015

lundi 28 décembre 2015, par Stéphane Kus

Bon, c’est pas que je raconte des choses formidables, c’est plus pour garder la trace de moments inoubliables pour moi... Un clin d’oeil à Stéphane Minvielle, Marie Salaün, Véronique Fillol, Jacques Vernaudon, Emeline Leplain et Angélique Stastny qui ont fait de ce séjour un moment de rencontre.

Pour quelques photos, c’est par là !

La "réussite éducative", nouveau paradigme pour repenser l’école ? Problèmes et enjeux pour une école inclusive

Diaporama au format PDF

Une école multiculturelle pour forger un "destin commun" ? De l’égalité de principe à l’égalité réelle à l’école, quels dilemmes pour le système éducatif ?

Diaporama au format PDF

Conclusion du colloque

Ce colloque a mis en avant plusieurs points importants :

  • La République Française Une, Indivisible et laïque est capable de bien des « accommodements raisonnables » dans les territoires Ultra-Marins qu’elle a bien du mal à accepter de faire sur son territoire métropolitain, même si, on le sent encore aujourd’hui, cela ne s’est pas fait sans combats dont les blessures ne sont pas complètement cicatrisées sous d’apparents consensus.
  • Le chantier de la reconnaissance, de l’enseignement des langues et en langues kanaks est ouvert et semble de plus en plus outillé à la fois du point de vue didactique et du point des supports disponibles, même si cet enseignement reste au choix des familles et ne fait pas partie du curriculum obligatoire de l’école calédonienne (ce qui est peut-être problématique du point de vue d’un « destin commun »).
  • Le chantier de l’adaptation curriculaire au territoire néo-calédonien des contenus disciplinaires, comme en histoire ou en géographie, pourrait bénéficier de supports spécifiques, mais sont-ils réellement valorisés, diffusés et utilisés dans les classes ?
  • Comme partout on trouve des équipes d’enseignants qui se mobilisent pour enseigner différemment, pour reconnaître les cultures et les langues des élèves, mais au-delà des équipes expérimentales soutenues et accompagnés par l’ESPE et le Vice-Rectorat, on aurait aimé en apprendre plus sur l’accompagnement et le soutien des équipes par les corps d’inspection, les conseillers pédagogiques, les formateurs pour les outiller théoriquement à réfléchir sur leurs pratiques professionnelles, vaste chantier qui est aussi en train de s’ouvrir en métropole : passer de la posture du contrôle administratif à celle de l’accompagnement de la réflexion sur les pratiques professionnelles.

Cependant, de mon point de vue un certain nombre de questions restent en suspens :

  • En dehors du constat statistique des inégalités ethniques et socio-économiques scolaires, les recherches présentées lors
    de ces 3 jours n’ont présentées aucune recherche sur les mécanismes de production de ces inégalités en Nouvelle- Calédonie. Corrélation statistique ne vaut pas explication, ce qui peut laisser facilement la place à des explications par les publics (paupérisme, culturalisme, psychologisme, éducation parentale, etc. ) Les cadres théoriques pour cela sont disponibles dans la recherche en éducation qui ne demandent qu’à être éprouvés par des recherches en Nouvelle-Calédonie sur l’ordinaire des classes. La question de la valorisation de l’enseignement des langues et cultures autochtones est une condition nécessaire mais non-suffisante de la réussite d’un rééquilibrage de la société par l’école.
  • Et l’école, si elle se retrouve au centre d’enjeux politiques concernant la société calédonienne, ne résoudra pas à elle seule tous les maux de la société. Peut-être a-t-elle besoin qu’on l’aide d’abord à faire ce qu’elle a à faire : transmettre à tous les élèves une culture proprement scolaire qui permette aux futurs citoyens Calédoniens de se comprendre soi, de comprendre les autres et de comprendre le monde.
  • En cela consolider une formation initiale et continue, qui s’ancre dans les difficultés réelles du travail enseignant et qui outille les enseignants à comprendre ce que les élèves ne comprennent pas, me semble être la piste la plus prometteuse que pourrait soutenir la coopération entre l’Université, les instituts de formation initiale, l’institution scolaire et les collectivités.

samedi 7 novembre 2015

Bibliographie/Sitographie

Voir en ligne : Toutes les vidéos du colloque sur le site TV de l’UNC

Répondre à cet article

SPIP | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0